• Gala Fur

Les guerrières


Rebelles et émeutières du Moyen-Age à nos jours, bourreaux en Irak, djihadistes en commando féminin à Paris l’an dernier, les femmes se sont livrées de tout temps à des pratiques violentes. Excès de testostérone ?

A l’âge de 5 ans, J’ai ressenti en moi des pulsions de violence. Généreuse en coups de règle sur les doigts, la maîtresse d’école m’attachait le bras gauche dans le dos pour que j’écrive de la main droite comme tout le monde. 5 ans, c’est un âge auquel il est difficile de se rebeller lorsqu’on est victime de pratiques violentes. Cela fait 25 ans que l’ « anomalie » d’être gaucher est acceptée.

A l’époque où j’apprenais à écrire, la main gauche était associée au mal. La gauche, c’était la main du diable, et ce, depuis le Moyen-Age, et une bonne institution catholique adore diaboliser ce qui n’est pas dans la norme. Par la suite j’ai découvert le statut inférieur de la femme à travers les attitudes de ma mère, une femme machiste qui privilégiait mon frère. Je m’enfermais alors dans mes lectures et j’exécrais les mathématiques, le point fort de mon frère. Je rêvais de devenir pirate ou amazone, à l’image de certaines femmes libres de la Grèce et de la Perse antique.

Rebelles et émeutières du Moyen-Age à nos jours, bourreaux pendant la guerre en Irak, djihadistes en commando féminin à Paris l’an dernier, les femmes se sont livrées de tout temps à des pratiques violentes. Excès de testostérone ? Les 15% d’homicides commis par des femmes en France l’an dernier démentent cette hypothèse : on n’assassine pas toujours à chaud. On n’a pas besoin d’être pris d’un « coup de sang » pour tuer quelqu’un. Le sadisme et la cruauté sont des talents universellement partagés entre les hommes et les femmes qui accèdent à des postes de pouvoir, et pourtant, le stéréotype de la femme battue, harcelée, humiliée, est formidablement entretenu par les médias occidentaux. Médias et tribunaux voient dans la femme un être sans défense, face aux comportements masculins agressifs. En France, on cultive l’image de la faible femme.

En 2017, Une étude scientifique portant sur des cerveaux des deux sexes biologiques a démontré, au moyen d’un grand nombre d’expérimentations et de tests, que les différences des cerveaux masculin et féminin sont minimes. Selon cette étude, la femme a une capacité supérieure à manifester de l’empathie dans certaines situations. Le tempérament féminin serait donc naturellement enclin au « care ». La seule conclusion avérée de cette étude serait une facilité associative supérieure chez la femme. Des tests d’association de mots débutant ou terminant par la même syllabe l’auraient démontré. Il semblerait que rien, dans le cerveau masculin, ne confère à l’homme une tendance particulière à la violence, pas plus que des dispositions particulières pour… les mathématiques ! Etre nulle en maths n’est pas une faiblesse innée qui serait particulière aux femmes, bien qu’on puisse être plus ou moins doué pour ce type de raisonnement. L’éducation, les parents, le milieu social peut favoriser l’apprentissage des mathématiques, ou au contraire en détourner. Avec une mère différente de la mienne, j’aurais peut-être, qui sait, développé un réel appétit pour les mathématiques.

LA GALERIE DU MOIS

Trevor Brown

Ce graphiste et illustrateur né près de Londres en 1959 commence sa carrière dans la publicité en Angleterre. Il délire autour du SM pendant les années quatre-vingt. Il déménage à Tokyo en même temps que l’artiste spécialisé en Teddy Bear Konomi Izumi (aka Hippie Coco) lorsque l'art lié aux représentations BDSM entre dans une impasse (1993).

Exposé dans différentes galeries de Tokyo, Trevor Brown, qui dit avoir subi l’influence d’Andy Warhol, publie de nombreux livres de ses œuvres aux Editions Treville notamment GIRLS WAR (2013) dont sont extraites les illustrations suivantes : The Butcher, I Nazi, Army et Survivalist. Il vit au Japon avec une femme et trois chats.

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